Les leitmotiv de Malak Tazi : indépendance, énergie positive et qualité
Au micro d’Audrey Déléris, c’est aujourd’hui Malak Tazi, Secrétaire Générale du Club Med, qui revient sur son parcours et ses choix de carrière.
Née au Maroc, où elle effectue ses études secondaires, Malak arrive en France pour étudier le droit.
Ses proches l'ont toujours appelée "l'avocate" et pour cause : elle commence sa carrière en exerçant au sein de plusieurs cabinets.
En 2013, elle passe de l'autre côté en rejoignant l'entreprise et évolue sur des sujets stratégiques dans diverses structures.
Dans ce nouvel épisode de Voix d'entrepreneurs de droit, Malak livre une synthèse pragmatique de sa carrière : pourquoi débuter en cabinet, comment s’intégrer dans un secteur inconnu, et quelles pratiques mettre en place pour rendre une équipe juridique visible, utile et respectée.
Ecoutez sans plus attendre son parcours.
Pourquoi commencer en cabinet reste un atout ?
Commencer sa carrière en cabinet offre une formation accélérée et structurée : rythme soutenu, diversité des dossiers et exigence de méthode construisent des réflexes directement transférables en entreprise. Plutôt qu’un passage obligatoire, le cabinet reste un « booster » de polyvalence et d’autonomie.
- Exposition multisectorielle : travailler simultanément sur des dossiers M&A, compliance, contrats ou litiges oblige à comprendre rapidement des contextes très différents ; on apprend à identifier en quelques lectures les enjeux opérationnels propres à chaque secteur.
- Rigueur procédurale et analytical thinking : la contrainte des délais et la nécessité de produire des positions claires forment à la synthèse, à l’argumentation structurée et à l’anticipation des risques ; ces compétences facilitent la rédaction de livrables actionnables en entreprise.
- Résilience professionnelle : l’habitude de gérer des pics d’activité et des deadlines serrées développe la priorisation, la gestion du stress et la capacité à livrer dans l’urgence sans sacrifier la qualité.
En bref :
le cabinet n’est pas un passage obligatoire mais
il accélère l’apprentissage métier et la
polyvalence.
Choisir son secteur : tester l’adhésion au projet
Changer de secteur n’est pas seulement une question de compétences : c’est d’abord une question d’adhésion au projet et de capacité à s’y déployer sur la durée. Avant de sauter le pas, il est stratégique d’aller vérifier sur le terrain ce que signifient réellement la stratégie et les priorités de l’entreprise.
- S’informer sur la stratégie et les enjeux opérationnels : lire le rapport annuel, la roadmap produit, les communiqués du board permet d’identifier les risques récurrents et les priorités stratégiques où le juridique devra s’impliquer.
- S’immerger sur le terrain : une semaine d’immersion ou des journées passées dans les business units révèlent la réalité des processus, les tensions et les leviers d’action ; c’est bien plus éclairant que des slides RH.
- Poser
les vraies questions en entretien : interroger sur la cadence
décisionnelle, les interlocuteurs clés, le niveau d’autonomie et les
attentes opérationnelles donne un aperçu concret du « job to be done » et
de la possibilité de s’y épanouir.
Secrétaire général vs directeur juridique : les différences pratiques
Le titre masque parfois le périmètre réel : au-delà des appellations, c’est le périmètre et le « job to be done » qui déterminent les responsabilités. Comprendre ces nuances permet de calibrer ses attentes et son positionnement.
- Directeur juridique : focus legal et compliance. Il s'occupe en priorité des contrats, contentieux, avis et politiques de conformité. Son rôle est surtout centré sur la prévention juridique.
- Secrétaire général : périmètre élargi. En plus du juridique, il est souvent responsable des risques, assurances, RSE, affaires publiques, gouvernance et coordination contractuelle. Son rôle est souvent transverse et stratégique.
- Le
périmètre prime sur le titre : selon la taille et l’organisation, un
même intitulé peut couvrir des scopes très différents. Vérifiez donc bien
le périmètre effectif plutôt que de vous arrêter au titre.
Rendre visible son équipe juridique : 5 actions concrètes
Transformer le juridique en partenaire proactif passe par des actions de visibilité, de pédagogie et par des livrables utiles. L’objectif : passer d’un service perçu comme « imposé » à un binôme plébiscité par les opérationnels.
- Newsletter trimestrielle courte et utile : partagez bonnes pratiques, cas concrets et retours d’impact plutôt que des analyses doctrinales. Privilégiez un format synthétique pour la lecture opérationnelle.
- Parcours de formation interne : mini-modules pratiques et ateliers co-animés renforcent la compétence des opérationnels et la légitimité de l’équipe juridique.
- Branding interne : misez sur un nom, un slogan et des visuels simples qui rendront l’équipe identifiable et qui permettront d’humaniser la relation.
- Partenariats opérationnels sur le terrain : ateliers, job-shadowing et co-construction d’outils montrent que le juridique comprend les usages réels.
- Livrables
actionnables : checklists, modèles contractuels, FAQ métier et
templates prêts à l’emploi réduisent les allers-retours et accélèrent la
prise de décision.
Management et équilibre vie pro / vie perso
L’efficacité d’une équipe juridique se construit autant sur la qualité du travail que sur la durabilité des pratiques managériales. Valoriser la performance plutôt que l’affichage horaire est un levier puissant de satisfaction et de rétention.
- Valoriser la qualité sur la quantité : évaluer les résultats et l’impact plutôt que les heures passées.
- Donner l’exemple managérial : les managers doivent incarner des limites claires de disponibilité et promouvoir des pratiques efficaces (pas de mails attendus après une heure définie, etc.).
- Planifier du temps de réflexion : journées sans réunion ou télétravail dédiés au travail de fond permettent d’avancer sur les dossiers complexes.
- Formaliser
les règles d’équipe : une charte simple (horaires de réponse,
plages sans mail) clarifie les attentes et prévient les comportements
intrusifs.
A écouter également : Osez
réseauter !
Intégration et immersion des dirigeants : méthode recommandée
Pour qu’un dirigeant juridique ou secrétaire général soit rapidement crédible et utile, l’intégration doit combiner immersion terrain, accompagnement et objectifs concrets à court terme.
- Semaine terrain dès l’arrivée : visites, réunions locales et immersion opérationnelle pour comprendre les réalités du terrain.
- Coaching d’intégration : accompagnement personnalisé pour traduire la stratégie en priorités opérationnelles et gérer les interlocuteurs clés.
- Plan
1-3-6 mois avec jalons : objectifs concrets et premiers quick
wins pour asseoir la légitimité et créer de l’élan.
7 conseils rapides pour les juristes en transition
Ces tactiques courtes facilitent la transition secteur-entreprise et accélèrent l’impact dès les premiers mois.
- Cultiver la curiosité sectorielle : lire, benchmarker et poser des questions opérationnelles.
- Demander une immersion terrain : job-shadowing ou semaine sur site pour capter les enjeux réels.
- Prioriser les livrables opérationnels : templates, checklists et FAQ pratiques sont plus utiles que de longues notes.
- Communiquer sur la valeur ajoutée : partager des retours concrets d’impact pour gagner en visibilité.
- Former l’équipe et l’exposer : sessions courtes pour rendre l’expertise accessible aux métiers.
- Fixer des règles claires d’équilibre : instaurer des pratiques collectives sur les horaires et la réponse hors heures ouvrées.
- Chercher des mentors : leurs retours aident à décoder la culture d’entreprise et à adapter son positionnement.
Les références de ce podcast
- Le profil de Malak TAZI
- Le podcast VEDD avec Olivier CATHERINE (SONEPAR)
FAQ
1. Pourquoi commencer sa carrière en cabinet ?
La pratique en cabinet offre exposition à secteurs variés, rigueur procédurale et résilience. Ce sont des atouts utiles pour un futur rôle en entreprise.
2. Comment choisir un secteur quand on change d'entreprise ?
Vérifiez l'alignement des valeurs, tester l'immersion terrain et poser des questions concrètes sur les enjeux stratégiques avant de signer.
3. En quoi le rôle de secrétaire général diffère-t-il du directeur juridique ?
Le directeur juridique se concentre sur le legal et la compliance tandis que le secrétaire général peut couvrir un scope plus large (risques, assurances, RSE, communication).
4. Comment rendre visible une équipe juridique ?
N'hésitez pas à produire du contenu utile pour les opérationnels (newsletter, formations), à créer une véritable identité interne et à valoriser les bonnes pratiques.
5. Quel conseil pour éviter le sur-travail ?
Priorisez la qualité sur la quantité, organiser des temps de réflexion et affirmer des limites de disponibilité pour encourager l'efficacité.
Fed Group donne aussi de la voix...
- Aux soignants, dans notre podcast "Voix
des soignants"
- Aux recruteurs, dans notre podcast "Voix de recruteurs"
Qui sommes-nous ?
Fed Legal, est un cabinet de recrutement et de chasse de têtes, dans le secteur juridique et fiscal. Notre équipe d'experts accompagnent les professionnels du droit en leur proposant des opportunités de carrière. Notre objectif est de forger des rencontres professionnelles porteuses de sens, soulignant vos compétences pour enrichir votre parcours professionnel.
Nos domaines de compétences sont les suivants : Fonctions support en cabinets d'avocats, directions juridiques, notariat, directions fiscales, conseils en propriété industrielle / ingénieurs brevets, collaborateurs et associés en cabinets d'avocats.